Entre l’arbre et l’écorce : Les USA s’enlisent dans le bourbier du Moyen-Orient

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

La situation dangereuse dans laquelle se trouvent les USA et leurs alliés au Moyen-Orient, notamment à Gaza, s’est envenimée davantage avec l’escalade sans précédent en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Les choses ont empiré à la suite des 85 frappes de missiles lancées par les USA contre des cibles en Irak et en Syrie, qui ont tué respectivement 16 et 7 personnes. En représailles, la Résistance irakienne a lancé des attaques contre des positions américaines dans le nord-est de la Syrie, une région sous contrôle des USA et des milices kurdes, qui ont fait six morts et 28 blessés parmi les forces kurdes. C’était une première riposte à l’offensive américaine, qui devrait s’intensifier dans les prochains jours. Malgré le message des USA transmis à l’Iran exprimant leur désir d’éviter une nouvelle escalade, leurs forces aériennes et navales continuent de frapper des cibles associées aux alliés de l’Iran. Cette stratégie place les USA exactement là où Téhéran souhaite qu’ils soient, ce qui lui permet d’observer de loin l’implication américaine dans les affaires du Moyen-Orient sans que l’Iran subisse des pertes directes, mais en infligeant des dommages considérables aux USA.

En outre, au cours des dernières 24 heures, les forces américaines et britanniques ont effectué plus de 300 frappes sur des sites à Sanaa, Saada et Hodeïda, dans le but de « neutraliser les missiles visant la mer Rouge ». Malgré cela, Ansar Allah Al-Houthi a promis de poursuivre ses attaques contre des navires de guerre américains et britanniques. Il a également rallié des tribus et des forces pour maintenir le blocus de la mer Rouge contre les navires israéliens, américains et britanniques, tout en menant de nouvelles batailles pour mettre fin au siège de Gaza qui dure depuis quatre mois. Résultat : l’offensive américano-britannique n’a ni dissuadé ni détourné Ansar Allah Al-Houthi de ses objectifs. La démonstration de force militaire n’a pas atteint les objectifs escomptés et a transformé la mer Rouge un champ de bataille davantage contesté. Cette escalade a gravement perturbé un segment important du commerce international entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, qui représente 13 à 15 % du commerce mondial.

Les frappes de missiles américains sur les positions des Forces de mobilisation populaire irakiennes (PMF) à la frontière syrienne, dans les zones où Daech est actif, ont en effet eu des répercussions politiques significatives à Bagdad. Ces attaques ont mis le premier ministre Mohammed Chia al-Soudani dans une position précaire, l’obligeant à affirmer que les activités américaines menacent la sécurité de l’Irak. Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères Fouad Hussein a exprimé son refus de voir l’Irak devenir un théâtre de conflit entre l’Iran et les USA.

En outre, Faleh Al-Fayyad, le chef du PMF, a clairement signifié que les frappes américaines qui ont fait des victimes irakiennes ne seraient pas laissées pour compte, ce qui laisse présager d’éventuelles représailles ou un durcissement de la position à l’égard des interventions américaines. Cette situation souligne la position complexe et difficile dans laquelle se trouve l’Irak, pris entre de puissantes forces extérieures.

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